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Aspergillus niger

Microscope

Anamorphe
Aspergillus niger van Tieghem

 
Généralité

Aspergillus niger est une espèce cosmopolite, bien que signalée dans le monde entier elle est un peu plus fréquente dans les zones tièdes et les sites exposés au sud.

On peut la trouver aussi bien sur les sols glacés, dans les environnements marins que dans les steppes, pâturages, forêts et dunes. Mais c’est une espèce plus courante en zones sèches et dans les sols chauds.

Cette espèce a été isolée de substrats et habitats divers, entre autres :

  • audiovisuel (photographies, microfilms)
  • bois
  • caoutchouc
  • cire
  • composants électroniques (automobiles, aéronefs)
  • cosmétiques (émulsions)
  • cuir
  • eau (douce, polluée, lits de rivière,
  • équipement électrique
  • matériaux synthétiques (plastiques, plastifiants)
  • métaux
  • papier
  • parchemin
  • peinture murale
  • peinture sur chevalet
  • poussière atmosphérique
  • produits alimentaires (légumes, fruits frais et secs, noix et noisettes, noix de coco)
  • sol
  • textile (coton, jute, laine)
  • vernis

A. niger se développe aussi bien sous peu de lumière (à l'intérieur) que sous la forte lumière de l'extérieur.

A.niger endommage le cuir en surface et en épaisseur. Elle provoque l'hydrolyse des huiles et des graisses en acides gras libres. On observe une augmentation de N soluble qui provient, non pas de la dégradation du collagène mais de la dégradation des protéines interfibrillaires du cuir. La perte de graisse rend le cuir dur, moins flexible, il perd ses propriétés physiques durables.

A. niger est une espèce toxique et pathogène, elle provoque des otomycoses (mycoses pulmonaires) chez l'homme et les oiseaux. Elle peut provoquer l’aspergillose du conduit auditif externe chez les sujets présentant une lésion préalable ou une malformation anatomitique du conduit auditif. Cependant, elle possède des toxines à propriété insecticide, actives sur les moustiques responsables de la fièvre jaune.

A. niger est importante économiquement car elle est utilisée dans la production industrielle, entre autres, des acides citrique et gluconique, de l’α-amylase et du glucose oxidase.


 
Substrats
 
Pathologies
 
Enzymes
 
Normes

    C'est une espèce de référence pour les normes suivantes :

    • NF EN 1275
    • NF X41-513
    • NF X41-514
    • NF X41-600
    • NF X41-602

     

 
Description et croissance

Sur milieu Malt-Agar (MA) (pH 6,5)  Colonies à croissance rapide d'aspect de velours ou de feutre, blanc cotonneux au départ, devenant poudreux avec l'apparition de spores noires. Le revers est blanchâtre. Les espèces possèdent des fructifications asexuelles de grande taille. Les têtes conidiennes sont très grandes de 15 à 310 μm de diamètre, globuleuses à radiales, en plusieurs tonalités de noir : noir-verdâtre, noir-marron, noir-pourpre ou noir-charbon, qui portent des phialides de 7-20 x 3-5 μm. Les conidiophores très abondants et très fragiles sont longs à parois lisses (quelques espèces ont des parois légèrement granuleuses), hyalines ou de couleur marron. Les vésicules sont globuleuses à sous-globuleuses, hyalines ou légèrement colorées, aux tonalités marron foncé, fertiles en toute leur surface ; de 40 à 70 μm. Bisérié ou unisérié, selon l’espèce, les phialides et métules sont généralement colorées. Les conidies sont globuleuses à sous-globuleuses, elliptiques ou aplaties dans le sens horizontale, lisses, échinulées, verruqueuses ou avec des stries longitudinales, de 4 à 8 μm de diamètre. Les sclérotes globuleux à sous-globuleux, de couleur crème quand ils sont jeunes, devenant daim-rose ou daim grisâtre-marron mesurent de 0,8 à 1,2 μm. Le pH du milieu est fortement acidifié par la croissance de l’espèce (pH final 1-2).



recto - 26°C

verso - 26°C

recto - 37°C

verso - 37°C

Sur milieu Czapek (pH 5,5)  Colonies blanches et translucides devenant noires en sporulant. Revers blanchâtre. Le pH du milieu reste inchangé (pH final 5,5).



recto - 26°C

verso - 26°C

recto - 37°C

verso - 37°C

Sur milieu CYA (pH 5,5)  Colonies blanches légèrement veloutées avec des petits points noir correspondants aux têtes conidiennes. Revers blanc légèrement orangé. Ne modifie pas le pH du milieu (pH final 5,5).



recto - 26°C

verso - 26°C

recto - 37°C

verso - 37°C






Développement sur différents matériaux

A. niger se développe très bien sur tous les matériaux utilisés sauf sur le tissu en coton où la croissance est plus lente. L’espèce est toujours noire avec des touffes de mycélium blanc.



Aspergillus niger sur papier (coton)

Aspergillus niger sur papier (édition)

Aspergillus niger sur papier (journal)

Aspergillus niger sur textile

 
Biologie

Aw 0,77

A. niger est une espèce xérophile, tonophile facultatif mais elle peut se développer très bien à des taux d’humidité relative élevés (90 à 100%).

C’est une espèce mésophile qui se développe cependant très bien à hautes températures. Les températures minimale, optimale et maximale pour la croissance du mycélium sont respectivement de 11-13°C, 17-42°C et 47-48°C. In vitro, A. niger peut survivre à 60°C. Dans des jus de fruits, l’espèce est tuée après 25 min d’exposition à 63°C. Les micro-ondes n’ont aucun effet sur les conidies.

Cette espèce est capable de se développer sur des pH inférieurs à 2 quand l’humidité relative est élevée.

Contenu en eau des conidies : 55%.

Pour bien l’isoler de manière sélective, on peut ajouter du tanin ou du sucre (glucose, saccharose) au milieu de culture.



 
Biochimie

A. niger est une espèce fortement cellulolytique et non kératinophile.

Composés synthétisés :

  • acide citrique
  • acide gluconique
  • acide L-ascorbique
  • acide L-xyloascorbique
  • acide oxalique
  • amylases
  • amyloglucosidases
  • antibiotique jawahéréne
  • aspergilline
  • asperrubiol
  • asperyellone (=aspérénone)
  • auraspérone A
  • catalase
  • flavospérone (= asperxantone)
  • glucose-oxydase
  • isomaltose
  • kojibiose
  • lipases
  • malformines
  • nigragilline
  • panose
  • sidéramine ferrichrome
  • tannases
  • β glucosidase


 
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