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Cladosporium herbarum

Microscope

Anamorphe
Cladosporium herbarum (Pers.) Link ex Gray

Téléomorphe
Mycosphaerella tassiana (de Not.) Johanson
Sphaerella tassiana de Not.
Mycosphaerella tulasnei (Janez.) Lindan
Sphaerella tulasnei Janez.

Synonyme
Dematium herbarum Pers. Ex Schleich
Dematium graminum Pers.

 
Généralité

Cladosporium herbarum se rencontre aussi bien dans les régions tempérées, tropicales, subtropicales que polaires. C’est l’une des espèces parmi les plus communément rencontrées dans l’air.

C. herbarum est la plus rapide colonisatrice des substrats morts et particulièrement des feuilles et des tiges de : fougères, de mousses, de plantes désertiques et aquatiques.

Elle colonise et sporule sur les feuilles endommagées qui deviennent nécrotiques en deux mois. Sa sporulation décline à partir de juin mais persiste sur les feuilles avec le développement de microsclérotes.

Cette espèce a été isolée de substrats et habitats divers, entre autres :

  • atmosphère
  • bois pourri
  • caoutchouc
  • cuir
  • grottes, mines d'uranium
  • hydrocarbures
  • matières synthétiques (plastifiants)
  • nids et plumes d'oiseaux, miel d'abeille
  • papier (papier, pulpe de papier)
  • pâte à bois
  • peinture murale (fresques)
  • plantes (oignons, blé, avoine, vivaces, luzerne, arachide, trèfle, pomme de terre, tabac, coriandre, café...)
  • plâtres humides
  • poussière atmosphérique
  • poussières du sol
  • produits alimentaires (production de nourriture congelée, produits laitiers, céréales, fruits et jus de fruits, poissons séchés et salés…)
  • sédiments
  • sol (cultivé ou non, rhizosphère)
  • textile

Ce champignon a été trouvé dans l'intestin de la chenille Dendrolimus sibiricus, dans l’intestin, le foie et sur la peau infectée de grenouilles ainsi que dans des déjections de lombrics.

C. herbarum est impliquée dans des cas d'allergies, de rhinites et d'asthme.

C. herbarum parasite les végétaux vivants suivi d’une phase saprophytique où elle continue à sporuler sur les tissus morts. Sa phase de parasitisme est de courte durée (en moyenne 3-5 mois) puis décline.

Cette espèce résiste à de fortes doses de rayonnements U.V. et gamma.


 
Substrats
 
Pathologies
 
Toxines
 
Description et croissance

Sur milieu Malt-Agar (MA) (pH 6,5)  Colonies poudreuses, de couleur vert-foncé avec des contours noirs. Revers marron foncé-vert en dégradé. Possède une odeur fruitée. Les conidiophores mesurant 250 μm de long et 5 μm de large, sont renflés aux points d’intersection des chaînes conidiennes. Les conidies sont elliptiques à cylindriques, verruqueuses avec des cicatrices d’insertion bien marquées et mesurant 10 x 5 μm. C. herbarum acidifie le milieu pendant sa croissance (pH final 4,5 - 5).



recto - 26°C

verso - 26°C

Sur milieu Czapek (pH 5,5)  Colonies marron-clair au centre, devenant blanches transparentes vers l'extérieur. Le revers est identique. Elle émet une légère odeur aromatique. Sa croissance sur le milieu ne modifie pas le pH (pH final 5,5).



recto - 26°C

verso - 26°C

Sur milieu CYA (pH 5,5)  Colonies cotonneuses, ridées, vert-brun avec des touffes de mycélium blanchâtre. Elle émet des exsudats. Le revers est noir-marron foncé, la gélose est fendue. C. herbarum ne modifie pas le pH de ce milieu (pH final 5,5).



recto - 26°C

verso - 26°C





C. herbarum ne se développe pas à 37°C


Développement sur différents matériaux

La croissance de C. herbarum est rapide et importante sur les papiers filtre, édition, journal et le linters de coton avec une coloration verte, visible dès le 5ème jour. Sur le textile coton, sa croissance est faible, la colonie garde une couleur blanche. La croissance est rapide sur le parchemin ainsi que sur le cuir où elle prend une teinte vert foncée.



Cladosporium herbarum sur cuir (chair)

Cladosporium herbarum sur cuir et parchemin

Cladosporium herbarum sur cuir (fleur)

Cladosporium herbarum sur papiers et textiles

Cladosporium herbarum sur parchemin

 
Biologie

Aw 0,85-0,88.

La production de conidiophore est meilleure en milieu humide qu’en milieu sec : 1,3.104 conidies/mg de mycélium sec au lieu de 1,1.102 conidies/mg de mycélium sec en milieu sec.

Analyse de l'ADN montre que l’espèce est composée de 55% de GC

C. herbarum est une espèce psychrophile, cependant sa croissance est optimale entre 18°C et 28°C. La température optimale est plus basse pour une croissance linéaire que pour la production de mycélium dont les conditions maximales se situent entre 28 et 32°C. L’espèce ne survit pas après une exposition de 30 min. à 50-60°C. Son point thermique de mortalité dans les jus de fruits est de 63°C en 30 min.

Des individus isolés peuvent s'adapter à de basses températures (-6°C).

C. herbarum est capable de se développer dans une gamme assez large de pH (4,4 jusqu'aux pH alcalins) avec une croissance optimale à pH6. Cependant, sa croissance est faible en solution de NH4+ à cause de la chute importante du pH.

Cette espèce peut se développer et sporuler dans des conditions d’anoxie (taux d’oxygène à 0,25%).



 
Biochimie

C. herbarum peut utiliser comme source de carbone : les acides gallique, tannique, benzoïque, béta-hydroxibenzoique, 2,5-dihydroxybenzoique, protocatechuique, salicylique, anthranilique, phtalique et le pnénylacétate.

Elle est capable de décomposer :

  • la benzidine par la phénoloxidase
  • la cellulose
  • la pectine
  • l'anthracène
  • les composés aromatiques polychlorinés
  • les plastifiants

Composés synthétisés :

  • acide épicladosporique
  • acide indole-3-acétique
  • alpha, béta et gamma-hydroxybutyrates
  • fructose 1,6 diphostate
  • gibberelines A3, A4, A9
  • indole-3-acétonitrile

En présence de faibles concentrations d’ions NH4+, elle n’est plus capable d’assimiler les nitrates et les nitrites.

Sa croissance est stimulée par les vitamines B6 et B1

La germination des conidies de C. herbarum est inhibée par :

  • des facteurs sporostatiques
  • des aflatoxines
  • le tannin de la feuille de chêne et de Chalara elegans in vitro

Certaines algues rouges (Corallina pilufera, Lithothamnium pacificum, Crathromorchum circumscriptum) peuvent inhiber son développement

Cette espèce peut facilement s’adapter aux milieux à fortes concentrations en sels

C. herbarum produit une endotoxine capable de provoquer des lésions sur les membranes des muqueuses des chevaux Les extraits de mycélium sont toxiques pour les embryons de poulet. C. herbarum s’avère toxique pour les animaux à sang chaud (lors de l'utilisation de céréales infectées comme fourrages)

Elle a un effet antagoniste marqué sur le développement des espèces de Fusarium culmorum, de Sporothrix schenchii et de Pythium debaryanum.

Elle est surtout toxique en produisant de l'acide épicladosporique

Elle ne possède pas d’action antibiotique



 
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