Recherche Mots Clés
 

Chaetomium globosum

Microscope

Anamorphe
Chaetomium globosum Kunze

Synonyme
Chaetomium kunzeanum Zopf
Chaetomium affine Corda
Chaetomium setosum Bainier
Chaetomium barbatum Traaen
Chaetomium subterraneum Swift & Povah
Chaetomium japonicum Saito & Okasaki

 
Généralité

Chaetomium globosum est retrouvé sous tous les climats, parfois dans des habitats extrêmes tels que : sol alpin enneigé (plus de 2630 m d’altitude), montagnes rocheuses (altitude 3600m), terres de l'Himalaya, désert…

Cette espèce a été isolée de substrats et habitats divers, entre autres :

  • audiovisuel (photographies, microfilms)
  • bois (tendre ou dur)
  • climatiseurs
  • compost, paille, matières végétales en décomposition
  • crottin de cheval, d'écureuil, de chèvre, de lapin, et d'antilope
  • dunes
  • eau (marais salants, cours d'eau polluée, marécages, sédiments des estuaires hautement salés)
  • forêts de pins, de hêtres et autres
  • nids et plumes d'oiseaux
  • papier
  • plantes (résidus de choux, de pommes de terre, d'herbe tondue, phyllosphère, rhizosphère, pâturage)
  • poussière atmosphérique
  • produits alimentaires (fruits secs, graines, céréales)
  • sols cultivés
  • textile

Le mycélium de Chaetomium globosum sert de nourriture pour les acariens tels que : Pygmephorus mesembrinae, P.quadratus.

Stimulation de la sporulation de Chaetomium globosum en présence d’Aspergillus fumigatus.

L’ingestion de maïs contaminés par C. globosum est toxique pour le rat.

La présence de C. globosum a été observée dans des cas de phaeohyphomycose sur des lésions de l'avant-bras de malades. C.globosum est l'espèce la plus communément impliquée dans des cas d'infection du genre Chaetomium. C’est une espèce insensible à certains agents fongicides tels que le 5-fluorocytosine et le fluconazole.


 
Substrats
 
Pathologies
 
Toxines
 
Enzymes
 
Normes

    C'est une espèce de référence pour les normes suivantes :

    • AFNOR X2 cuir doc 2
    • NF X41-501
    • NF X41-513
    • NF X41-514
    • NF X41-517
    • NF X41-520
    • NF X41-600
    • NF X41-602
 
Description et croissance

Sur milieu Malt-Agar (MA) (pH 6,5)  Colonies d’aspect granuleux, vert-foncé. Revers noir. Forte odeur de "moisi". Il est composé de périthèces globuleux de 75-175 μm de diamètre, sans col différencié, garnis de longs poils non ramifiés, droits ou plus ou moins sinueux. Les ascospores sont ellipsoïdales ou citriformes, mesurant 10 x 8-9 μm. L’espèce ne modifie pas le pH du milieu (pH final 6,5).



recto - 26°C

verso - 26°C

recto - 37°C

verso - 37°C

Sur milieu Czapek (pH 5,5)  Colonies blanc-transparent. Revers incolore. Les périthèces forment des petits points vert- foncé au centre de la boîte. Odeur de "sous-bois". Le pH du milieu n’est pas modifié pendant la croissance de l’espèce (pH 5,5 ).



recto - 26°C

verso - 26°C

recto - 37°C

verso - 37°C

Sur milieu CYA (pH 5,5)  Colonies filamenteuses, grisâtres au centre, vert granuleux sur l'extérieur. Revers rouge brique au centre, vert-noir sur l'extérieur. Forte odeur de "moisi". Sa croissance ne modifie pas le pH du milieu (pH final 5,5).



recto - 26°C

verso - 26°C

recto - 37°C

verso - 37°C






Développement sur différents matériaux

C. globosum présente une bonne croissance sur les papiers coton, édition, filtre et tissu en coton. Les périthèces forment des petits points verts bien distinct les uns des autres, ils sont plus épais et plus gros sur le papier édition que sur les autres matériaux et sont presque inexistants sur le papier journal.

Sur le cuir, C. globosum se développe assez lentement avec des périthèces en amas et secrète un pigment rouge pâle qui diffuse dans le substrat. Par contre sur le parchemin, sa croissance est rapide et importante.



Chaetomium globosum sur cuir (chair)

Chaetomium globosum sur cuir et parchemin

Chaetomium globosum sur cuir (fleur)

Chaetomium globosum sur linters de coton

Chaetomium globosum sur papier (édition)

Chaetomium globosum sur papier (filtre)

Chaetomium globosum sur papier (journal)

Chaetomium globosum sur papiers et textiles

Chaetomium globosum sur parchemin

Chaetomium globosum sur textile (coton)

 
Biologie

Aw 0,94

La croissance est optimale à 16-25°C mais dépend de l'origine géographique avec un maximum à 36-37°C. La germination des ascospores est possible de 4-10°C à 38°C avec un optimum à 24-28°C. Le point thermique de mortalité de C. globosum est de 55-57°C.

C.globosum peut se développer sur une gamme de pH allant de 3,5 à 11 mais sa croissance est très bonne entre les pH 7,1 et 10,4 avec un optimum à pH 7,3

Les spores sont capables de survivre dans des conditions sèches pendant plus de dix ans.

L’analyse de l'ADN révèle un taux élevé de GC (57,5-58%)



 
Biochimie

C. globosum peut utiliser comme source de carbone : le maltose, le fructose, la cellulose, la dextrine, le sorbitol, le mannitol, l'amidon et comme source d'azote : le nitrate, le cyanamide, l'asparagine, l'urée, le peptone, et le sulfate d'ammonium. La formation de mycélium est plus importante avec de l'acétate comme source de carbone qu'avec du glucose.

La paroi cellulaire est composée de 69 % de polysaccharides, 29 % de protéines et 3 % de lipides

La composition du mycélium est la suivante :

  • acides gras saturés : 1,4 % de C14, 30,6% de C16, 9,6% de C18
  • acides gras insaturés : 10,8 % de C16, 9,7 % de C18
  • acides aminées : thréonine (14%), glutamine (12,2%), asparagine (10,4%), proline (9,9%), glycine (9,8%), serine (9,2%), alanine(8,5%)

C. globosum est une espèce cellulolytique capable de dégrader :

  • la cellulose avec une température optimale de 25-32°C et un pH 4,5 ; les activités de la cellulase et de la cellobiase sont augmentées par l’extrait de levure
  • les polyuréthanes

Composés synthétisés :

  • acide heptelidique
  • alternariol monomethyl ether
  • amylases
  • anthraquinone (pigment)
  • béta-glucosidase
  • chaetoatrosin A
  • chaetochromins A, B, C, D
  • chaetocin
  • chaetoglobosines A, B, C, D, E, F,
  • chaetoglobosins A-J
  • chaetomanone
  • chétomine
  • chrysophanol
  • cochliodinol
  • cytochalasane
  • échinuline
  • enzymes bactériolytiques
  • ergostérol
  • ergosteryl palmitate
  • fructokinase
  • galactose
  • glucokinase
  • glucose galactobiosyl en culture liquide
  • isochaetoglobosine D
  • mannase
  • mannose
  • mollicellines C, D, E, F, G
  • nitrite
  • O-méthylsterigmatocystine
  • pectinase (faible quantité)
  • stérigmatocystine
  • xylanase (dégrade l'arabinoxylane et le xylane en xylobiose et en xylose)

Son développement peut être inhibé par divers éléments ou autres micro-organismes

  • inhibition de la germination, in vitro, par un métabolite sporostatique produit par Fusarium oxysporum et par différentes espèces de Streptomyces.
  • inhibition de la croissance, in vitro, par la présence de Memnoniella echinata
  • inhibition de la croissance sur le sol, in situ, par le tannin des feuilles de chênes fraîchement tombées
  • inhibition de la cellulase et de la cellobiase par le malonate d'éthyle : partiellement à une concentration de 0,05% et totalement à 0,5%

Sa croissance est stimulée par :

  • les vitamines
  • l'extrait de jute, la présence de cellulose
  • Aspergillus fumigatus qui excrète différents composés comme du sucre phosphaté et de l'acide phospho-glycérique
  • la présence de CO2 (40% dans l'atmosphère)
  • Mg2+

Pour la formation des asques, les ions calcium peuvent être remplacés par du strontium ou du baryum. Sa sporulation est meilleure la nuit.

Le fructose est absorbé par traces, et broyé par les enzymes extra-cellulaires.

Dans le mycélium, on retrouve 2 à 3 fois plus de mannitol après incubation sur du fructose ou du mannose que sur du glucose. Notons que le glucose est le seul sucre libre accumulé dans le mycélium.



 
Bibliographie

Abdel-Hafez SI, Shoreit AA, Abdel-Hafez AI, el. Maghraby OM (1986) Mycoflora and mycotoxin-producing fungi of air-dust particles from Egypt. Mycopathlogia 93 (1), 25-32.

Aru A, Munk-nielsen L, Federspiel BH (1997) The soil fungus Chaetomium in the human paranasal sinuses. Eur. Arch. Otorhinolaryngol. 254 (7), 350-352

Bagy MM, Gohar YM (1988) Mycoflora of air-conditioners dust from Riyadh, Saudi Arabia. J. Basic Microbiol.28 (9-10), 571-577.

Botton B, Breton A, Fèvre M, Guy Ph, Larpent JP, Veau P (1985) Moisissures utiles et nuisibles, importance industrielle. Ed. Masson, p.80, 81.

Costa AR, Porto E, Lacaz C da S, de Melo NT, Calux M de J, Valente NY (1988) Cutaneous and ungual phaeohyphomycosis caused by species of Chaetomium Kunze (1817) ex Fresenius (1829). J. Med. Vet. Mycol. 26 (5), 261-268.

Domsch KH, Gams W, Anderson T-H (1993) Compendium of soil fungi, vol. 1, IHW-verlag Pub. 176-179.

Guarro J, Soler L, Rinaldi MG (1995) Pathogenicity and antifungal susceptibility of Chaetomuim species. Eur. J. Clin. Microbiol. Infect. Dis. 14 (7), 613-618.

Montegut D, Indictor N, Koestler RJ (1991) Cellulolytic textiles : a review. Int. Biodet. 28 (1-4), 209-226.

Onions AHS, Allsopp D, Eggins HOW (1981) Smith's introduction to industrial mycology. Seventh edition, Ed. p.56.

Pitt JI, Hocking AD (1999) Fungi and food spoilage. Second edition. A Chapman and Hall Food Science Book, Aspen Publication, Gaithersburg, Marylan, 84-86.

Webster J (1980) Introduction to fungi. Second ed. Cambridge University Press, 332-333.

Zyska B (1997) Fungi isolated from library materials : a review of literature. Int. Biodet.and biodeg. 40 (1-90), 43-51.