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Alternaria alternata

Microscope


Anamorphe
Alternaria alternata (Fr.) Keissler

Téléomorphe
Clathrospora diplospora (Ellis & Everth.) Wehm.
Clathrospora elynae Rabenh.
Leptosphaeria heterospora (de Not.) Niessl

Synonyme
Alternaria tenuis Nees
Torula alternata Fr.

 
Généralité

Alternaria alternata est un champignon cosmopolite ubiquiste. Son habitat est très varié puisqu’il va des régions sèches arides des dunes du désert jusqu’aux lacs salins.

Cette espèce a été isolée de substrats et habitats divers, entre autres :

  • audiovisuel (bandes magnétiques, négatifs sur plaque de verre non vernis)
  • bois gorgés d’eau
  • caoutchouc
  • dunes
  • hydrocarbures
  • matières synthétiques
  • papier
  • parchemin
  • peinture (naturelle ou synthétique)
  • peinture sur chevalet
  • peintures murales
  • plantes
  • produits alimentaires (fruits, légumes, céréales, noix…)
  • sol (cultivé, forêts, rhizosphère de nombreuses plantations)
  • textile (coton, jute, laine)

 

A. alternata sert de nourriture pour les mites tels que Acarus gracilis, A. siro, Tarsonemus waitei, et Acotyledon redikorzevi.

A. alternata est une espèce toxique et pathogène. Les conidies sont allergènes et peuvent causer de graves maladies respiratoires allergiques (asthme, sinusites chroniques, rhinites). Elle provoque également des mycoses cutanées aussi bien de la peau que du cuir chevelu. Ses mycotoxines sont la cause de leucopénies.

 

C’est également un champignon phytopathogène couramment rencontré sur les tomates.

Les tests in vitro montre qu’A.alternata est susceptible à l’amphotéricine B, le fluconazole, l’itraconazole et le kétoconazole.


 
Substrats
 
Pathologies
 
Toxines
 
Enzymes
 
Description et croissance

Sur milieu Malt-Agar (MA) (pH 6,5) Espèce à croissance relativement rapide. Les colonies veloutées et rases avec une périphérie blanche sont brun-gris à noires. Le revers est marron foncé à noir. En culture pure quelques isolats restent stériles. La croissance aérienne de ce champignon est presque entièrement constituée de chaînes de spores. Les conidiophores sont 1 à 3 septés, lisses, droits ou flexueux, noirs et ont une croissance sympodiale; Ils mesurent en moyenne 50 x 5 ?m. Les conidies bourgeonnent à travers un ou plusieurs pores de la paroi du conidiophore, en chaînes simples ou ramifiées ; ces conidies pluricellulaires sont brunes à jaune-brun, en forme de massue avec un rostre apical. Leur taille est de 60 x 15?m. Le milieu est légèrement acidifié ( pH final 5).


recto - 26°C

verso - 26°C

Sur milieu Czapek (pH initial 5,5 et final 6)


recto - 26°C

verso - 26°C

Sur milieu CYA (pH 5,5) Colonies à croissance très rapide atteignant son maximum de croissance au bout de 6 jours d??incubation. Colonies veloutées avec un réseau mycélien dense de couleur brun-gris. Le revers montre un aspect brun-noir. L??espèce basidifie le milieu (pH final 7).


recto - 26°C

verso - 26°C

recto - 37°C

verso - 37°C






Développement sur différents matériaux



Alternaria Alternata sur toile de lin

Alternaria Alternata sur linters de coton

Alternaria Alternata sur papier acide

Alternaria Alternata sur parchemin

Alternaria Alternata sur cuir (chair)

 
Biologie

Aw 0,85-0,88

A. alternata est une espèce saprophyte et tonophile facultatif (Requiert des conditions moyennes d'humidité).

Croissance optimale obtenue à la température de 25°C et à pH 4-5,4. Mais ce champignon peut se développer dans une gamme de pH assez large allant de 2,7 à 8.

A.alternaria est capable de se développer en conditions d’anoxie (taux d’oxygène 0,25%).

Contenu en eau des spores : 86% ; sous des conditions très sèches, elles restent viables pendant plusieurs années.



 
Biochimie

A. alternata est une espèce cellulolytique

Elle utilise les éléments suivants comme source de carbone :

  • D-galactose
  • maltose
  • raffinose
  • saccharose

Et comme source d’azote :

  • acétamine
  • acétate et oxalate d’ammonuim
  • acide L-aspartique
  • acide L-glutamique
  • Ca(NO3)2
  • D- alanine
  • Glycine
  • L- phénylalanine
  • L-asparagine
  • Mg(NO3)2
  • nitrate et tartrate d’ammonium
  • peptone
  • urée

 

Composés synthétisés :

  • acide ténuazonique
  • 2 altenuènes
  • alternatiols
  • alternatoxines
  • amylases
  • 2 protéases

 

L’analyse chimique du mycélium révèle que celui-ci contient :

  • du mannitol
  • un certain nombre d’acides gras dont les acides myristiques, palmitiques, stéariques, oléiques et linoléiques
  • 11 acides aminés libres
  • 14 protéines reliées

 

La souche est capable de tolérer 0,1% de cyanamide de calcium et a une grande résistance aux rayons UV et aux  radiations.



 
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